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Le royaume saoudien finit par demander la fin de la guerre au Yémen

Le royaume saoudien finit par demander la fin de la guerre au Yémen

[Mardi 12 Novembre 2019]

 

SANA'A, 12 Nov. (SABA) -  Cinq ans après le début de la guerre déclenchée par l’Arabie saoudite contre le Yémen, la « coalition » saoudienne, n’étant parvenu à aucun de ses objectifs, cherche à sortir du bourbier dans lequel elle s'est enfoncée.

 

 Un article paru le 10 novembre dans The Independent est revenu en détail sur cet échec cuisant du royaume saoudien alors que le numéro deux de la Défense saoudienne se trouve à Mascate, capitale omanaise avec en filigrane un plan de fin de guerre au Yémen. Cinq ans de guerre n'auront débouché que sur ceci :  Riyad devrait financer la reconstruction des ruines de la guerre et retirer son soutien à Hadi, en échange d'un repli des combattants d'Ansarallah dans le sud saoudien, selon le journal yéménite Akhbar al-Youm qui a évoqué des coulisses de la visite récente d'une délégation d'Ansarallah à Riyad.

 

 « La guerre au Yémen est sur le point de se terminer. Un responsable saoudien a admis cette semaine, pour la première fois depuis 2016, que Riyad mène des pourparlers avec les Houthis,   ce qui indique que les Saoudiens sont en train de composer avec ce statu quo. L'approche radicale consistant à chasser efficacement les Houthis du nord a été abandonnée. La nouvelle approche consiste à accepter les Houthis dans le cadre de la nouvelle réalité d'après-guerre au Yémen, ce qui est par contre beaucoup plus efficace », lit-on dans le journal anglais.

 

L’auteur de l’article donne raison aux Saoudiens qui ont adopté ce changement de politique stratégique : «  Après près de cinq ans de guerre, qui a fait plus de 100 000 victimes, engendré la plus grave crise humanitaire au monde et porté atteinte à l’image du pays sur la scène mondiale, un changement s'imposait. Mais ce ne sont pas les seuls catalyseurs de ce changement. L’attaque contre les installations pétrolières de Saudi Aramco en septembre, qui a anéanti la moitié de la production du Royaume, a été un tournant. Cette semaine, Aramco a lancé un premier appel public à l’épargne (PAPE) sur le marché boursier local, abandonnant le projet initial de Mohammed ben Salmane d'introduire le géant pétrolier en Bourse. L’escalade de la tension avec l’Iran a commencé à avoir un effet direct sur l’économie saoudienne. ».

 

L’analyste met ensuite en cause les capacités militaires et défensives du royaume : « La guerre au Yémen est historique car elle a mis au jour les faiblesses nationales et géopolitiques de l’Arabie saoudite. Outre les grandes lacunes dans sa stratégie de défense, elle s’est trouvée vulnérable à un niveau sans précédent. »

 

« Quoi qu’il en soit, des pourparlers directs avec la Résistance yéménite (Ansarallah) ont toujours été la voie à suivre par les États-Unis, une issue permettant de mettre un terme à la guerre », reconnaît le journal rappelant qu’aussi astucieuse que cette approche puisse paraître, les Saoudiens se retrouvent seuls sur les côtes du Yémen après le retrait des troupes émiraties plus tôt cette année.

 

Bien que la réalité ne leur offre pas grand-chose, tout ce que les dirigeants saoudiens peuvent faire pour le moment est d’arrêter de bombarder le Yémen et d’accélérer les pourparlers avec Ansarallah au sujet de leur future intégration sur la scène politique.


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